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CONsTELLATIONS
New solo exhibition 

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​Quelques jours après avoir achevé mon intervention à Giverny pour le centenaire de Claude Monet, j'ouvre une exposition personnelle à la galerie Magda Danysz. Le timing n'est pas un hasard : lorsque la fresque vient juste de disparaître, lorsque l'événement public est encore frais dans les esprits, je veux ouvrir une autre porte — celle de l'atelier, du temps long, des œuvres qui restent.

Depuis plus de dix ans, je réalise sur l'herbe, le sable, la neige ou la terre des fresques monumentales, à l'aide d'une peinture biodégradable mêlant eau, craie, charbon de bois et protéines de lait. Ces œuvres, perceptibles uniquement depuis le ciel, sont vouées à disparaître : quelques semaines, et l'œuvre s'efface, rendue à la pluie, au vent, aux marées et à la repousse végétale. Cet effacement programmé soulève une question essentielle : comment penser une œuvre conçue pour disparaître ? Que subsiste-t-il lorsque son ancrage physique s'évanouit ?

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Cette question traverse plusieurs lignées de l'histoire de l'art récente, et c'est dans leur croisement que je situe mon travail : celle du Land Art et du travail dans le paysage, de Richard Long à Giuseppe Penone ; celle de la mémoire matérielle et du palimpseste, d'Anselm Kiefer à Christian Boltanski en passant par William Kentridge ; celle de l'empreinte et de la cosmogonie héritée d'Yves Klein. De mes interventions éphémères, je conserve des traces que je transforme en œuvres à part entière : dessins et anamorphoses au graphite, matrices de la fresque à venir ; photographies aériennes accompagnées d'instruments de méthode utilisés in situ — piquets de repérage, sketch quadrillé, nuancier — devenus vestiges d'un geste disparu ; fragments de papier déposés au sol lors de la création, semblables aux pixels constitutifs d'une image plus globale.

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Avec cette exposition, un nouveau geste apparaît : la recomposition. Dans la continuité d'une démarche qui vise à saisir au plus près l'instant, à le circonscrire entre présence et effacement, j'assemble en constellations des toiles peintes sur site pendant la création de la fresque et un fragment photographique de l'œuvre in situ. Ces toiles, tendues à proximité immédiate du chantier, vivent l'événement en parallèle — exposées à la même peinture biodégradable, au même vent, à la même pluie. Si la fresque se révèle depuis le ciel, ces nouvelles toiles sont l'œuvre vue d'à côté : à hauteur de corps, à l'échelle du peintre en mouvement. Chaque constellation compose un ensemble unique, faisant résonner la mémoire d'une fresque spécifique — archive sensible, à la croisée du Land Art et de la peinture.

L'exposition donne à voir cet ensemble pour la première fois. Au sous-sol, je reconstitue mon atelier — esquisses, outils, palettes, références, traces matérielles encore chaudes du chantier de Giverny. C'est le lieu d'où tout part, présenté tel quel, sans mise en scène. À l'étage, le corpus se déploie : un mur consacré à une chaîne humaine de dix dessins au graphite, chaque main portant la biographie d'une rencontre faite sur le terrain ; un mur de trois peintures à l'huile, monuments lents de ce que les fresques ne disent qu'éphémèrement ; une constellation, recomposition unique d'une fresque disparue ; et autour, le déploiement complet — pixels de plusieurs projets, œuvres associant photographie aérienne et instruments de méthode, buées qui transposent la trace à l'échelle intime.

Ce que je cherche depuis le début : faire d'une œuvre qui s'efface une mémoire qui persiste — par d'autres moyens, dans d'autres matières, à d'autres échelles. La fresque biodégradable est l'événement ; cette exposition en est la résonance, le revers tangible, l'atelier comme œuvre.

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